Se renseigner sur les Ecoles (1)

Se renseigner sur les Ecoles-1

Passer un oral d’admission, c’est avoir l’assurance qu’au même titre que vos compétences personnelles, votre motivation sera mise à l’épreuve. Votre jury cherchera à l’évaluer en se basant sur la façon dont vous vous présentez, sur la façon dont vous avez travaillé votre dossier, et sur celle dont vous évoquez votre séjour potentiel sur leur campus ; mais surtout, il cherchera à savoir si vous avez pris la peine de vous renseigner sur l’école auprès de laquelle vous postulez ou si elle n’est pour vous qu’un numéro de plus dans la liste de celles où vous êtes admissible. Inutile de dire que dans la seconde éventualité, même si vous êtes un élève brillant, vous risquez fort de vous voir refuser une admission que le niveau de vos compétences vous aurait permise. Il s’agit-là d’une erreur que vous vous devez d’éviter, afin de ne pas plomber inutilement votre candidature. Nous allons donc passer en revue dans cette section les quelques éléments clé sur lesquels vous devez impérativement être renseigné lorsque vous vous rendez à un oral d’admission.

Noms de quelques professeurs et de quelques cours :

Vous vous présenterez auprès de votre jury en défendant un projet professionnel, un parcours universitaire, et une personnalité bien définies. Il attendra donc de vous que vous vous soyez renseigné sur les cours qui vous permettront de vous réaliser dans le sens de votre projet ; et sur les professeurs qui les animent. Ainsi, si vous prévoyez de consacrer votre carrière à la finance et que vous passez l’oral de l’ESC Dijon, un détour sur leur site internet vous apprendra que parmi leurs professeurs de finances figure Serge Hayward, auteur de nombreuses publications dans le domaine qui vous intéresse. Le fait de dire que vous espérez bientôt pouvoir assister à l’un de ses cours permettra au jury de réaliser l’intérêt que vous porter à son école. De même, vous vous devez de connaître le nom (et, si possible, d’avoir au moins une idée du parcours professionnel) du directeur. Ainsi, dans le cadre de l’ESC Dijon, le directeur général du groupe est Stéphane Bourcieu ; et une rapide enquête sur google vous apprendra qu’il cumule ce poste avec celui de Secrétaire Général de la récente association du groupe Passerelle – et qu’avant de basculer dans le monde de l’enseignement, il a dirigé pendant plusieurs années une société de construction de matériels de travaux publics. Il s’agit-là d’une information que vous pourrez aisément réemployer au cours de votre entretien, par exemple lorsque vous évoquerez l’esprit d’initiative et l’orientation vers le monde de l’entreprise de l’école : il vous suffira de faire valoir le choix de M. Bourcieu en tant que directeur général vous semble plus que représentatif de la volonté de l’école de s’orienter vers la sphère de l’entreprise et la professionnalisation des étudiants.

Dilemme…

dilemme

Vous venez de créer votre entreprise : vous êtes plombier. Un entrepreneur leader et influent fait appel à vous pour couper l’arrivée d’eau dans un immeuble squatté par des sans domicile fixe sous prétexte que l’immeuble est insalubre et qu’il faut le détruire. C’est votre premier contrat. Que faîtes-vous ?

Cette question est extrêmement personnelle. Il s’agit avant tout de bien adapter la réponse aux propos tenus précédemment pendant l’entretien. On ne saurait trop insister sur la finalité d’un entretien. L’épreuve orale est là pour identifier la personnalité qui se cache derrière la personne du candidat et si le jury échoue dans sa tâche, cela ne va pas dans le sens du candidat, il faut donc travailler en collaboration avec le jury et pour cela, il convient de répondre de manière personnelle. Encore une fois, cela ne signifie pas que le candidat doit abandonner toute stratégie et se livrer corps et âme au jury, en dévoilant son autobiographie concentrée. Non. Cela signifie que le candidat doit bien sûr élaborer une stratégie pragmatique mais que cette stratégie inclue justement l’honnêteté et la cohérence des propos. La pire situation serait une reprise littérale des derniers propos du candidat par le jury qui l’opposerait à d’autres propos que le candidat aurait tenus en montrant une contradiction évidente. Il est évidemment en général possible de se sortir de cette situation en démontrant la compatibilité des deux tenants mais il reste tout de même préférable de ne pas risquer s’y engouffrer.

Par conséquent, la réponse à cette question doit bien s’inscrire dans le discours du candidat et il appartient à chacun d’y réfléchir pour former sa propre opinion qui est, dans ce cas précis, la meilleure. Le jury ne juge (en général) pas les opinions mais la cohérence et l’argumentaire du candidat.

Il serait davantage « école de commerce » de signer le contrat sans scrupules ou considérations humanitaires. Après tout, il ne s’agit que de respecter les closes d’un contrat réalisé par un autre, et il appartient à cet autre de développer un minimum altruiste: l’exécutant n’a rien à voir avec les conditions rationnelles de la rédaction du contrat. Le rôle de ce dernier est strictement limité à juger s’il peut réaliser en temps et en heure les travaux stipulés dans le contrat. Si en outre ce contrat peut le propulser plus haut dans l »échelle sociale de son métier, il n’y a aucune hésitation à avoir. Il faut savoir saisir les opportunités quand elles se présentent. Ce propos est tenable et peut être développé par un candidat entrepreneur, ambitieux, autoritaire et égoïste (l’égoïsme pouvant parfaitement représenter une qualité dans ce contexte).

Je serais plutôt favorable à la réponse opposée dans la mesure où je ne pourrais tenir le propos précédent avec confiance, ce dernier ne correspondant ni à ma manière de voir les choses, ni au profil que je me suis efforcée de dessiner tout au long de l’entretien. Je répondrais que l’exécutant est avant tout un homme et que la liberté est sa première qualité d’homme. Or liberté appelle choix responsable. Signer ce contrat; c’est participer au délogement de ces sans abris et donc en être partiellement responsable. Le candidat peut faire un parallèle avec le procès de Nuremberg où les accusés plaidaient innocents sous prétexte d’avoir « seulement » obéi aux ordres des supérieurs hiérarchiques. Mais obéir c’est choisir d’obéir.

De plus, le candidat peut défendre l’éthique sans risquer d’être qualifié d’inapte à faire du commerce. L’éthique est aujourd’hui un indice officiel utilisé dans les classements des entreprises et faire le choix de l’éthique c’est aussi faire un choix pragmatique à long terme.

Pour conclure, j’ai exposé ici de réponses totalement opposées mais libre au candidat de développer un argumentaire moins extrême …

On joue l’entretien à pile ou face ?

pile-ou-face

Cette question appelle une réponse du tac au tac, très courte et très affirmée. Pourquoi le jury poserait-il cette question? Pour tester le niveau de confiance du candidat. Répondre oui ne serait pas montrer son goût prononcé pour le risque mais avouer manquer de confiance en soi. Il faut donc adopter une réponse négative, le « non » doit être quasi instantané et suivi d’un temps de silence pour lui donner du poids.

Le candidat peut argumenter dans un second temps. Il s’agit de montrer qu’il croit davantage en lui qu’en la chance et que le pile ou face convient à des situations sur lesquelles on a perdu le contrôle, c’est à dire des situations pour lesquelles l’avenir ne dépend pas de nous.

Or, le candidat doit affirmer que l’avenir de l’entretien dépend toujours en partie de lui, qu’il en a une maîtrise partielle ou du moins pense-t-il en avoir l’illusion… On joue aussi à pile ou face lorsque la décision finale importe peu, ainsi on ne joue pas à pile ou face l’entrée en guerre, ni le mariage. Par contre, on peut jouer à pile ou face entre un verre de coca et un verre de jus d’orange si on a envie de boire autant l’un que l’autre et que par conséquent, la décision n’a pas d’importance. Or le candidat est ici parce que justement il veut rentrer dans l’école de commerce et il est impossible de mettre le succès et l’échec sur une balance de satisfaction.

Le candidat peut conclure en disant que répondre oui à cette question serait affirmer qu’il n’a aucune prise sur l’entretien (alors qu’il s’efforce à démontrer le contraire depuis le début des opérations) et que son succès ne lui tient pas tant à cœur. Autrement dit, un simple oui le disqualifierait d’emblée. Il opte donc pour le non tout en précisant que cela ne veut pas dire qu’il n’a aucun goût ou sens pour le risque, mais qu’il privilégie le risque calculé, c’est à dire un risque dont les issues et conséquences sont calculables. Au candidat d’aller chercher un exemple qui démontre qu’il prend des risques en temps voulu. S’il dirige bien sa réponse, l’entretien s’enclenchera ensuite sur le risque. (Le candidat doit avoir en main des exemples personnels de prise de risque mais aussi des exemples notoires.)

Qu’est-ce qui peut me faire rater un entretien de personnalité ?

entretien-rate

Il y des cas pour lesquels on ne sait pas pourquoi on a raté, pourquoi le jury nous a attribué telle note alors que l’on pensait avoir réussi, pourquoi, pourquoi, pourquoi… Cette situation est fréquente et il est stérile d’essayer de chercher à comprendre, décortiquer ou analyser. Il y aura toujours un membre de jury qui aura décidé qu’il n’appréciait pas le candidat ou autant d’aléas qui ne doivent pas provoquer le désespoir de ce dernier mais bien plutôt engendrer la motivation pour essayer à nouveau. Au contraire, la réaction doit être la suivante: suis-je capable d’analyser pourquoi j’ai échoué? Et il s’agit précisément dans cet article de répondre à cette question.

Commençons par les erreurs les moins pénalisantes.

Il convient de rappeler que le jury, tout comme un futur recruteur, juge le candidat dès son entrée dans la salle. Le candidat qui franchit le seuil de la porte peut être anxieux et il serait même inquiétant s’il ne l’était pas, mais il s’agit de ne pas le montrer. Le candidat ne doit pas éviter le regard des membres du jury, ne doit pas hésiter à saluer, prendre place, sourire naturellement. Il ne doit pas placer ses mains sous la table, signe de stress évident.

Pendant l’entretien, le candidat ne doit pas être influençable, ce n’est pas parce qu’un membre du jury prêche l’avocat du diable que le candidat doit se ranger en sa faveur et se plier à son avis sur la question. Car, de deux choses l’une. Premièrement, ce n’est souvent pas son avis véritable, il ne fait qu’endosser un rôle pour tester la force d’argumentation du candidat. Deuxièmement, même s’il défend réellement son point de vue sur la question et semble manifestement peu d’accord avec le candidat, le jury ne juge pas les opinions du candidat mais ses arguments, sa défense. Je me rappelle précisément avoir passé vingt minutes à argumenter en faveur d’Hillary Clinton pendant l’entretien de l’ESSEC alors que tous les membres du jury étaient contre sa candidature. Je me suis même prise au jeu et ai avancé des arguments auxquels je ne croyais même pas mais qui s’avéraient pertinents. A la fin de l’entretien, un membre du jury m’a complimentée sur cet échange. Il s’agit de tenir tête sans pour autant se montrer sourd aux positions adverses. Le candidat qui maintiendrait ses opinions sans écouter le point de vue des autres serait tout autant disqualifier.

Il ne faut pas non plus perdre la face quand le jury pointe une contradiction dans les propos du candidat. Par exemple si le jury demande une qualité et un défaut et que le candidat annonce respectivement altruiste et autoritaire. Il est très facile de la part du jury de mettre ces deux traits de personnalité en opposition mais il est aussi très facile pour le candidat de montrer, illustrations à l’appui, que ces deux traits sont non seulement compatibles mais qu’il est très avantageux de posséder les deux.

Il ne faut pas, enfin, avancer quelque chose que le candidat ne maîtrise pas. Il est très dangereux de s’aventurer sur un terrain si glissant. Il faut prendre en compte que le jury est composé de plusieurs membres sélectionnés en général pour leurs différences de compétences ou de connaissances. Si un membre maîtrise mal un sujet, il est presque sûr qu’un autre s’y connaîtra sur la question. Je me rappelle encore avoir parlé de management culturel à mon entretien de l’ESCP. Je n’avais pas assez prêté attention aux présentations et me suis rendue compte, trop tard, que la présidente de jury était aussi professeur de management culturel dans la même école…

Voici quelques règles à respecter, tout est dans la formule « confiant mais à l’écoute »: de la mesure avant toute chose.

Quelles sont les principales spécificités de l’ESSEC ?

hec-essec-escp

Comment choisir entre telle et telle école ? Le classement est il le seul critère de choix ? Dans quels cas choisir l’ESSEC et refuser HEC, choisir l’ESCP et refuser l’ESSEC ?

Il y a le temps pour la joie. Celui du candidat bienheureux admis à plusieurs écoles. Il y a le temps pour le choix. Celui du candidat confronte au classement et à ses inclinations divergentes.

Si le classement est un critère de choix évident et a ne pas négliger, il n’est pas le seul. Prenons l’exemple d’un candidat reçu dans les trois parisiennes. La question du choix se pose de manière radicale. Dans ce cas précis, il convient de choisir l’école qui est davantage en adéquation avec le profil du candidat. Il ne sert a rien d’élire HEC parce qu’elle est située avant l’ESSEC ou l »ESCP dans les classements. Dire oui à HEC est une décision importante qui détermine la réussite future du candidat. Il est bon de rappeler qu’un jeune diplômé sortant d’HEC, l’ESSEC ou l’ESCP a un salaire presque identique, il faut donc éviter a tout prix les décisions hâtives et spontanées.

L’ESSEC est une école tournée vers les mathématiques. Plus qu’une tradition, il s’agit d’une philosophie. L’école croit profondément en la valeur des mathématiques. L’économie étant une science incertaine, il n’y a qu’une seule façon de l’enseigner pour lui assurer du crédit: les mathématiques. Un bon mathématicien doit embrasser l’ESSEC parce que ses compétences en la matière seront appréciées et son niveau valorise. Les littéraires purs qui ont le choix entre l’ESSEC et l’ESCP doivent sans aucune hésitation se tourner vers cette dernière. L’étudiant littéraire qui choisit l’ESSEC doit être conscient qu’il s’agit d’une décision à conséquences certaines. Les cours de première année (appelée période intermédiaire) sont quasiment tous a caractère mathématique et les fondamentaux à valider pendant toute la scolarité sont aussi tournés vers les mathématiques. Un étudiant littéraire allergique aux mathématiques, et davantage, qui ne parvient pas à déchiffrer ou plutôt décoder ce langage, doit comprendre que l’ESSEC n’est pas une école facile pour son profil d’autant plus que les exigences sont évidemment les mêmes pour les étudiants à formation littéraire et les autres (il serait inconcevable de différencier les diplômes). Les khâgneux rentres à l’ESSEC en 2008 ont essayé de rendre la tâche des littéraires plus aisée et d’argumenter pour des cours adaptes auprès de la direction. Certaines choses ont donc été faites mais l’ESSEC reste et restera profondément l’école la plus mathématique. D’ailleurs, il est révélateur qu’aucune spécialisation dans la culture n’est offerte a l’ESSEC contrairement à HEC et l’ESCP. Les spécialisations en général appréciées par les étudiants littéraires de l’ESSEC sont le marketing, la communication et les medias.

Le partenariat ESSEC-Ecole Centrale va dans ce sens, ainsi que les chaires pharmaceutique ou médicale. Un étudiant qui se projette dans ce type de parcours a la fois scientifique et commercial sera très à l’aise à l’ESSEC.

Puis, l’ESSEC est une école qui favorise les étudiants ayant une idée claire de leur projet professionnel ou au moins de leur orientation future. Le programme a la carte fait sa notoriété mais il est facile de s’y noyer si on ne dispose pas d’un plan de carrière plus ou moins précis. Un tuteur adulte est attribué à chaque étudiant pour l’aider dans son orientation au sein de l’ESSEC et éviter la noyade. Mais, un candidat dont l’ambition est de toucher à tout et d’avoir une formation générale serait davantage à l’aise à HEC ou l’ESCP. Non pas que l’ESSEC ne dispense pas de cours à caractère général (les fondamentaux assurent un bagage commun et généraliste a tous), mais des la deuxième année, c’est a l’étudiant de choisir parmi un panel de cours extrêmement large.

Enfin, l’ESSEC est une école d’entrepreneurs. Le va et vient entre l’entreprise et l’école est permanent. Les étudiants doivent réaliser un an et demi d’expérience professionnelle pour valider, une période plus longue qu’a HEC ou l’ESCP. De plus l’incubateur aide les jeunes entreprises à démarrer et assurer leur pérennité. Beaucoup d’efforts y sont consacres depuis son ouverture en janvier 2008 et des cours tels initiation à l’entreprenariat, construction de business plan sont dispenses

L’ESSEC est donc une école de commerce scientifique, dynamique et qui exige une maturité organisationnelle importante.

Les études littéraires sont elles compatibles avec une école de commerce ?

etude-litteraire

« Mais pourquoi donc vous présentez-vous au concours des écoles de commerce alors que votre parcours est exclusivement littéraire ? C’est par défaut ? Et quelle cohérence ? »

Ces questions récurrentes ne cessent de hanter le candidat littéraire sans raison valable. En général, ces derniers ont peu confiance en eux et se laissent facilement dérouter par une question qui est le pur produit de la fermeture d’esprit française et qui n’a absolument pas lieu d’être.

Je tiens d’abord à ce que tout candidat sache qu’aux Etats Unis la différence de formation est considérée comme une richesse et non comme un obstacle. Les étudiants américains sont très nombreux à faire un ou deux ans de « liberal arts » avant de se spécialiser en business et cette formation humaniste est particulièrement appréciée.

Je voudrais ensuite souligner qu’aujourd’hui les entreprises sont de plus en plus demandeuses de diversité. Etre un bon économiste, un bon marketeur, un bon financier, est une exigence mais ne suffit pas. Avec la montée de l’importance de l’éthique en entreprise (qui, je le rappelle, est aujourd’hui un indicateur officiel permettant de juger une entreprise), le businessman doté d’un double parcours est le bienvenu. Son point de vue n’est pas exclusivement tourné vers le profit et ses autres préoccupations vont dans le sens de l’évolution culturelle du monde de l’entreprise actuel. Il convient donc au candidat de rappeler au jury de l’entretien que sa formation sera bénéfique à l’entreprise future.

Enfin, le candidat doit être conscient que ce qui fait la richesse d’une école est sa diversité, c’est la diversité qui favorise les interactions, qui révèle des passions, qui fait naître des associations étudiantes. Le conformisme au sein d’une école n’est pas apprécié de l’extérieur et le rôle de l’école est bien d’ouvrir et non de formater. La diversité des étudiants au sein d’une même école permet l’entraide et le partage de talents mutuels. Un exemple simple est peut être celui de l’association étudiante, déjà cité. En effet, au sein d’une même association, il faut un responsable finances, un responsable événements, un responsable communication… autant de rôles endossés par autant de profils différents qui garantissent la cohésion et le succès de l’association en question.

Enfin, il est très aisé de se dire que si les écoles prennent la peine d’ouvrir le concours aux littéraires, de rédiger des sujets différents, d’embaucher d’autres correcteurs, d’adapter leurs programmes de cours, c’est bien qu’il s’agit pour eux d’un besoin et encore plus… d’une exigence contemporaine.

Quelles questions originales ou à la mode sont susceptibles de tomber à l’épreuve d’entretien ?

question-mode-entretien

Si l’épreuve d’entretien paralyse souvent le candidat, c’est que le jury est susceptible de poser des questions originales voire incongrues. Il faut pour cela intérioriser deux choses.

Premièrement, ce ne sont pas les questions essentielles et elles ne seront posées que dans un second temps. Par conséquent, si le candidat a assez de matériau pour animer l’entretien, le jury n’aura pas le temps d’en venir à ces questions redoutées. Le candidat ne doit donc pas hésiter à rentrer dans les détails de ses expériences professionnelles, formations, projets, autant de questions qui seront évoquées en priorité.

Deuxièmement, il ne faut pas pour autant ignorer l’éventualité de ces questions et donc s’y préparer en circonstance pour ne pas se trouver dépourvu. Certains jurys vicieux peuvent même commencer l’entretien par une question de ce type. Il s’agit dune situation très rare mais qui ne doit absolument pas désorienter le candidat dans la mesure où ces questions sont toujours les mêmes chaque année.

Quelles sont donc ces questions?

Il y a d’abord les questions qui testent les capacités commerciales du candidat, il s’agit pour le jury de juger si le candidat est un bon vendeur. La question la plus fréquente est la suivante : vendez-moi votre montre. Il appartient au candidat de s’exercer à un tel type de question en repérant très rapidement les qualités qui font de l’objet un objet unique. Savoir vendre un produit, c’est mettre en valeur ses spécificités. Il convient alors de penser aux détails.

Faut-il prendre position devant un jury ?

position-devant-un-jury

Si la classe préparatoire a bien fait son travail et transforme son étudiant en machine a dissertation, la réponse que celui ci donnerait a la question “faut-il prendre position devant un jury?” est évidemment non.

Or, il ne s’agit pas ici d’une épreuve écrite et les compétences jugées et recherchées sont totalement différentes. Alors que le correcteur détecte la modération, la nuance et la capacité de défendre thèse et antithèse à la lecture d’une copie, le jury d’un entretien souhaite dénicher une personnalité. Qu’est ce qu’une personnalité ? Une personnalité est quelqu’un qui se distingue, qui fait preuve de relief et fait ressortir sa différence.

C’est précisément pour cela qu’il faut prendre position devant un jury, c’est a dire défendre une opinion même si le jury semble à première vue en total désaccord avec cette idée. L’impression de ne pas « aller dans le sens » du jury ne doit pas apeurer ou dissuader le candidat. De deux choses l’une. Premièrement, il s’agit souvent d’une posture de la part du jury. Il est très fréquent qu’un des membres du jury endosse le rôle de prendre le contre pied du candidat pour le déstabiliser. Ce qui est apprécié dans une telle situation est précisément la capacité du candidat a rester sur ces positions et argumenter tout en restant à l’écoute du jury. Deuxièmement, il est possible que le jury soit réellement en désaccord avec le candidat mais, la encore, il n’y a aucune crainte a avoir : le membre du jury en question est en général assez ouvert et objectif pour évaluer la capacité d’argumenter et non l’opinion en elle-même ; de plus le jury est compose de plusieurs personnes qui ont des avis varies, ce n’est donc pas parce que l’un d’eux ne soutient pas le point de vue du candidat qu’il fait l’unanimité dans la salle.

Cependant, il convient de ne pas tomber dans l’excès qui serait celui d’adopter un point de vue extravagant et peu commun dans le but de se forger un personnage. Si le jury est un dénicheur de personnalités, il sait cependant distinguer une personnalité d’un personnage. Il faut toujours garder a l’esprit qu’un candidat peu cohérent avec lui même n’a aucune chance d’attirer les grâces du jury. Au bout de vingt minutes d’entretien, le jury saura démasquer le personnage qui se cache derrière le candidat. Il est donc conseille de prendre sa position et non de prendre une position. Défendre ses propres valeurs –même si elles sont conformistes ou a la mode – est la meilleure façon de dégager sa personnalité. Et c’est précisément cela dont il est question : faire apparaitre sa personnalité, l’ex-pliciter, la faire sortir de soi pour que le jury puisse définir les contours du candidat.

Qu’est ce qui vous agace le plus ?

agace-le-plus

En voici une question déstabilisante, susceptible de vous être posée durant vos entretiens.

« Agacer », ce n’est pas « gêner » ni « énerver ». C’est beaucoup moins fort. Agacer, c’est un petit truc qui se trouve dans notre environnement extérieur et qui nous titille, nous crispe, nous irrite, mais ça reste quelque chose de petit et qui passe vite. Agacer, c’est causer une sensation irritante et généralement désagréable parce que répétée et continue. On ressent alors un sentiment dont on aimerait faire part,  mais c’est tellement rien qu’il nous est difficile de le faire sans passer pour quelqu’un de maniaque ou d’intolérant. La plupart du temps, on se contente de prendre sur soi, d’attendre un peu et de prendre une grande respiration.

Le problème de l’agacement, c’est qu’on y focalise toute notre attention, et il est très difficile de s’en détacher : « Mince, Jean fait du bruit en mangeant … ce n’est pas grave, concentre toi sur ton exercice … ho ce qu’il m’énerve !! »

Quelque chose qui nous agace, ça peut-être un petit bruit que fait un voisin ou quelqu’un qui est dans la même pièce, comme celui qui mâche son chewing-gum la bouche ouverte, qui respire fort. Ca peut aussi être les gens qui montent dans le métro avant de laisser descendre les autres. Dans le même registre, on a tous déjà eu un voisin de classe qui bouge sa jambe en permanence, ce qui fait bouger la table et fait déraper le stylo. On ne dit rien de la journée et à 17h, ça éclate. De mon point de vue, de toutes ces situations, c’est encore celui qui mâche son chewing-gum bruyamment qui m’agace le plus, car il retient toute mon attention, je guette le moment où il va s’arrêter, je soupire de satisfaction quand tel est le cas, mais il s’y remet aussitôt…

Lorsque ce cas se présente, je n’attends jamais trop pour faire part de mon mécontentement, poliment bien sûr : « je suis désolée, ça me gêne vraiment, tu peux faire moins de bruit s’il te plait ? ». On dit de moi que je suis difficile … et alors ? Je l’ai dit gentiment, et on ne peut pas dire que j’aie fait preuve d’intolérance. Le tout est de se permettre la remarque lorsqu’elle est appropriée : on ne demande pas à une personne âgée de faire moins de bruit en mangeant, cela va de soi.

Cela reste une question très personnelle à laquelle il faut répondre sincèrement car l’entretien dans sa globalité doit rester cohérent, coûte que coûte. Toutefois, il me semble important de bien établir la distinction au début entre ce qui agace et ce qui énerve.

Lire la presse : un impératif catégorique pour qui veut briller en entretien !

http://www.franckattelan.com/lisez-la-presse/