entretien-rate

Il y des cas pour lesquels on ne sait pas pourquoi on a raté, pourquoi le jury nous a attribué telle note alors que l’on pensait avoir réussi, pourquoi, pourquoi, pourquoi… Cette situation est fréquente et il est stérile d’essayer de chercher à comprendre, décortiquer ou analyser. Il y aura toujours un membre de jury qui aura décidé qu’il n’appréciait pas le candidat ou autant d’aléas qui ne doivent pas provoquer le désespoir de ce dernier mais bien plutôt engendrer la motivation pour essayer à nouveau. Au contraire, la réaction doit être la suivante: suis-je capable d’analyser pourquoi j’ai échoué? Et il s’agit précisément dans cet article de répondre à cette question.

Commençons par les erreurs les moins pénalisantes.

Il convient de rappeler que le jury, tout comme un futur recruteur, juge le candidat dès son entrée dans la salle. Le candidat qui franchit le seuil de la porte peut être anxieux et il serait même inquiétant s’il ne l’était pas, mais il s’agit de ne pas le montrer. Le candidat ne doit pas éviter le regard des membres du jury, ne doit pas hésiter à saluer, prendre place, sourire naturellement. Il ne doit pas placer ses mains sous la table, signe de stress évident.

Pendant l’entretien, le candidat ne doit pas être influençable, ce n’est pas parce qu’un membre du jury prêche l’avocat du diable que le candidat doit se ranger en sa faveur et se plier à son avis sur la question. Car, de deux choses l’une. Premièrement, ce n’est souvent pas son avis véritable, il ne fait qu’endosser un rôle pour tester la force d’argumentation du candidat. Deuxièmement, même s’il défend réellement son point de vue sur la question et semble manifestement peu d’accord avec le candidat, le jury ne juge pas les opinions du candidat mais ses arguments, sa défense. Je me rappelle précisément avoir passé vingt minutes à argumenter en faveur d’Hillary Clinton pendant l’entretien de l’ESSEC alors que tous les membres du jury étaient contre sa candidature. Je me suis même prise au jeu et ai avancé des arguments auxquels je ne croyais même pas mais qui s’avéraient pertinents. A la fin de l’entretien, un membre du jury m’a complimentée sur cet échange. Il s’agit de tenir tête sans pour autant se montrer sourd aux positions adverses. Le candidat qui maintiendrait ses opinions sans écouter le point de vue des autres serait tout autant disqualifier.

Il ne faut pas non plus perdre la face quand le jury pointe une contradiction dans les propos du candidat. Par exemple si le jury demande une qualité et un défaut et que le candidat annonce respectivement altruiste et autoritaire. Il est très facile de la part du jury de mettre ces deux traits de personnalité en opposition mais il est aussi très facile pour le candidat de montrer, illustrations à l’appui, que ces deux traits sont non seulement compatibles mais qu’il est très avantageux de posséder les deux.

Il ne faut pas, enfin, avancer quelque chose que le candidat ne maîtrise pas. Il est très dangereux de s’aventurer sur un terrain si glissant. Il faut prendre en compte que le jury est composé de plusieurs membres sélectionnés en général pour leurs différences de compétences ou de connaissances. Si un membre maîtrise mal un sujet, il est presque sûr qu’un autre s’y connaîtra sur la question. Je me rappelle encore avoir parlé de management culturel à mon entretien de l’ESCP. Je n’avais pas assez prêté attention aux présentations et me suis rendue compte, trop tard, que la présidente de jury était aussi professeur de management culturel dans la même école…

Voici quelques règles à respecter, tout est dans la formule « confiant mais à l’écoute »: de la mesure avant toute chose.


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